L'Origine

C'est Dom Pérignon (1638-1715) qui, d'après la légende, a eu l'idée de remplacer les chevilles de bois entourées de chanvre imprégnées d'huile, puis cachetées de cire par un bouchon en liège. Cette idée lui serait venue en voyant les moines de retour de Compostelle en Espagne qui les utilisaient pour la fermeture de leurs gourdes. C'est l'arrêt du conseil du Roi du 25 mai 1728 autorisant le transport des vins mousseux en flacon qui peut être pris comme première date pour la problématique du maintien du bouchon sur ledit flacon. Parallèlement, l'utilisation du liège pour le bouchage des flacons est recommandée dès 1718.

De la ficelle au fil de fer

Un lien est alors utilisé pour maintenir le bouchon, notamment, de la ficelle de chanvre. La ficelle est posée à la main, les bouteilles étant maintenues serrées entre les jambes. Pour faciliter le travail, on utilise un pot à ficeler, appelé calice ou calebotin, dans lequel on place la bouteille pour la maintenir le plus solidement possible entre les jambes pendant l'opération de ficelage. Pour avoir plus de force et éviter de s'abîmer les mains, l'ouvrier se servait d'un trèfle pour tirer sur la ficelle et serrer fortement les nœuds. L'ouvrier coupait ensuite les extrémités de la ficelle avec le couteau de ficeleur appelé lance. Cette fixation du bouchon avec une ou deux ficelles croisées reste précaire, même si des ficelles armées et/ou du fil de fer sont utilisés.

Le 5 juillet 1844, Adolphe Jacquesson négociant à Châlons en Champagne, dépose un brevet consistant à intercaler entre le bouchon et le fil du lien une plaque. Cette plaque équilibre les forces et évite au liège, sous la pression, de venir s'incruster dans les fils de chanvre ou de fer, ce qui provoque des fuites de gaz ou de liquide dit recoulage. Il utilise pour cette plaque le fer blanc dont-il dispose dans ses caves pour assurer l'éclairage naturel de ses caveaux par l'intermédiaire des puits creusés dans la craie.

En 1846, O. Delagrange fait breveter le système d'agrafe pour le maintien du bouchon, essentiellement utilisé pour les bouchons de tirage.

Pour améliorer l'opération de ficelage, Nicaise Petitjean demeurant à Avize près d'Epernay, fit breveter vers 1855 une machine à ficeler à la ficelle, appelée aussi cheval de bois. Cet appareil devait faciliter grandement le travail de l'ouvrier ficeleur et améliorer la fixation du bouchon, le bras de levier décuplant la force et permettant l'usage de liens renforcés.

Le ficelage est alors complété avec un ou deux fils de fer torsadés. La pose du fil de fer se fait à l'aide d'une pince cisaille. Cette fixation en fil métallique présentait des difficultés, et le consommateur devait faire usage d'une pince spéciale ou d'un petit crochet pour couper le fil de fer et pouvoir déboucher la bouteille. Ces articles étaient souvent offerts en cadeau par les négociants à leurs clients.

Pour éviter cet inconvénient et surtout le risque de se blesser au débouchage, on a fait un anneau préformé sur le fil de fer à ficeler. Ce petit anneau était quelquefois muni d'une pastille de plomb estampé au nom du négociant.

Document de la maison Moët & Chandon du XIXe: « Deux liens assujettissent le bouchon, l'un en ficelle trempée dans l'huile de lin, l'autre en fil de fer ; ce dernier a été préparé par des tordeurs spéciaux, puis passé au metteur en fil qui au moyen d'une pince fait la dernière torsion et rabat le toron sur le bouchon lui-même, de façon qu'il ne dépasse pas. »